Lis ce texte qui ouvre La Maison de Claudine, livre de souvenirs de Colette, grande écrivaine du début du XXe siècle: 
 
“La maison était grande, coiffée d'un grenier haut. La pente raide de la rue obligeait les écuries et les remises, les poulaillers, la buanderie, la laiterie, à se blottir en contre-bas tout autour d'une cour fermée. 
Accoudée au mur du jardin, je pouvais gratter le mur du poulailler. Le Jardin-du-Haut commandait un Jardin-du-Bas, potager resserré et chaud consacré à l'aubergine et au piment, où l'odeur du feuillage de la tomate se mêlait, en juillet, au parfum de l'abricot mûri sur espaliers. 
Dans le Jardin-du-Haut, deux sapins jumeaux, un noyer dont l'ombre intolérante tuait les fleurs, des roses, des gazons négligés, une tonnelle disloquée... Une forte grille de clôture, au fond, en bordure de la rue des Vignes, eût dû défendre les deux jardins ; mais je n'ai jamais connu cette grille que tordue, arrachée au ciment de son mur, emportée et brandie en l'air par les bras invincibles d'une glycine centenaire. 
 
La façade principale, sur la rue de l'Hospice, était une façade à perron double, noircie, à grandes fenêtres et sans grâces, une maison bourgeoise de vieux village […]. 
Grande maison grave et revêche avec sa porte à clochette d'orphelinat, son entrée cochère à gros verrou de geôle ancienne, maison qui ne souriait que d'un côté”. 
Colette (1922), La maison de Claudine, Paris: Hachette. 
 
1- A l'aide du vocabulaire du texte, décris une maison, un jardin, une cour que tu aimes particulièrement. Tu utiliseras les prépositions et adverbes de lieu pour situer les éléments que tu décris. 
 
2- Apprends par coeur un paragraphe au choix de cette description que Colette fit de la maison de son enfance.